« Parfois, même avec toute la rigueur et la bonne volonté du monde, on se fait avoir.
Ça fait des années que je recueille vos histoires. J'en ai lu, entendu, partagé des dizaines. Et c'est très rare qu'une personne qui m'approche avec un récit douloureux mente, ou qu'elle le fasse dans l'espoir de nuire à d'autres.
Malheureusement, c'est ce qui est arrivé cette fois.
Le texte que j'ai publié hier racontait l'histoire d'une grand-mère coupée de ses petites-filles. Après publication, ses enfants et ses beaux-enfants m'ont contactée. Ils s'étaient reconnus, car elle avait partagé mon texte comme si c'était son histoire à elle. Nous avons longuement parlé, et il est apparu que leur version des faits était très différente. Ils m'ont expliqué les raisons profondes et sérieuses qui les avaient poussés à couper les ponts.
J'ai donc retiré le texte.
Cette situation m'a bouleversée. Parce que j'ai parlé avec cette femme plus d'une heure. Elle a pleuré, elle m'a raconté son histoire avec vulnérabilité et conviction. Je n'avais aucune raison de douter de sa sincérité et pourtant, il semble qu'elle m'ait manipulée.
Je ne suis pas parfaite. Je suis humaine. Et comme les proches de cette femme, je me suis laissée toucher par son récit.
Je souhaite sincèrement la paix à cette famille.
Mais je tiens à préciser une chose : depuis que j'ai ouvert la discussion, j'ai reçu de nombreux témoignages semblables. Des grands-parents privés de leurs petits-enfants, parfois pour des raisons légitimes, parfois comme une punition. Cette réalité existe bel et bien et elle mérite qu'on en parle.
Écrire vos histoires, c'est parfois marcher sur un fil. Je continue de le faire avec intégrité, même quand ça m'oblige à reconnaître que je me suis trompée.
Je préfère assumer mes erreurs que de fermer la porte à ceux qui me parlent avec sincérité. ❤ »